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Mayotte

 

Mayotte fait partie de l'archipel des Comores situé dans le canal du Mozambique prés des côtes malgaches entre Madagascar et l'Afrique.

Elle est formée de 2 îles principales : la grande Terre et la petite Terre. Elles sont assez proches l'une de l'autre, environ 2 km. Une barge fait régulièrement le transfert de l'une à l'autre. Il faut 20 minutes entre les 2. Quand il fait chaud, c'est agréable de prendre l'air frais marin : il y a beaucoup de places assises à l'ombre. Le flux des voyageurs est continu tout au long de la journée. Beaucoup d'autres îlots entourent la grande Terre. Tout cet ensemble baigne dans un magnifique lagon, l'un des plus beaux au monde car il entoure l'île, les îles, presque totalement.

la Grande Terre de Mayotte

Les habitants s'appellent les Mahorais. La population d'origine est musulmane à prés de 100%.

J'arrive à Mayotte avec Mathias. L'avion a mis plus de 2 heures, peut-être 3 depuis la Réunion. Il est prés de midi. Il me semble qu'il fait un peu plus chaud qu'à la Réunion. Nous sommes le 21 mai 1998,,, pour plus de précision, au cas où je me trompe de date, c'est le jeudi de l'Ascension.

   

Nous sommes venus ici pour le travail. En effet, ici, c'est le boom immobilier, ça construit à tout va. Mathias et moi avons passé toute l'année 97 en formation de technicien bâtiment métreur et bureau d'étude et nous avions souvent parlé alors de mes voyages antérieurs en Afrique. Je lui avais passé en quelque sorte le virus des voyages et il voulait absolùment qu'on parte ensuite ensemble : le choix s'était porté sur Mayotte. N'ayant pas de charges familiales, lui non plus, il suffisait juste de trouver suffisamment d'argent pour le voyage et tenir à peu prés 3 mois. Nous étions partis de l'aéroport de Clermont-Ferrand le 13 mai précédent vers Paris puis vers St Denis de la Réunion où nous sommes restés une semaine.

le lagon autour de Mayotte

Alors voilà, nous venions d'atterrir sur la petite Terre à Dzaoudzi. Machinalement, nous prenons un taxi qui nous emmène vers le quai où nous embarquons sur la barge qui nous porte sur la grande Terre à Mamoudzou, chef lieu du coin. Nous débarquons et arrivons directement au centre ville. Tout est là devant nous. L'office de tourisme est à l'abri dans un petit kiosque. Nous nous y rendons. Le sfilles nous renseignent sur les possibilités de logement. Nous faisons une croix sur les hôtels, beaucoup trop chers. Il y a des chambres d'hôtes : elles sont d'un certain prix également mais nous appelons et tout est pris. Nous sommes un peu mal à l'aise mais il fait beau, il fait bon, l'ambiance est trés décontractée donc on ne s'en fait pas trop tout de même. Nous laissons nos bagages dans le petit bureau de l'office du tourisme et nous partons promener et nous renseigner. Malgré l'Ascension, beaucoup de magasins et bureaux sont ouverts. Nous entrons en contact avec un fonctionnaire qui a des chambres d'hôtes mais aprés avoir appeler sa femme, celle-ci lui dit que rien n'est libre. Il a alors une idée,,, il a un copain,,, il s'en va le voir. Au bout d'une heure, il est de retour et nous dit que son ami a une case à louer pour 1500F par mois. Nous, ça nous soulage : 1500F par moi, c'est dans nos cordes. Il appelle donc son ami qui vient nous chercher en voiture et nous passons prendre nos bagages à l'office du tourisme. Nous arrivons cinq minutes plus tard chez Mohamed. Il a une petite propriété en plein coeur de Mamoudzou : sa maison où il loge, une autre maison en dur qui est louée et 2 cases en bois dont une neuve ; c'est celle-ci qu'il nous propose ; elle est toute en contre plaqué avec un toit en tole et 4 portes d'entrée, elle comporte 2 pièces de 15 m², une mini salle d'eau avec un wc, une douche et un évier sur 1,5m². Pas de cuisine : à Mayotte, la cuisine traditionnelle se fait dehors sur un mini barbecue comme à Madagascar. Le sol est tout carrelé avec des débris de carreaux. C'est propre.

   

Nous nous installons. Chacun prend sa pièce, ça nous fait de l'espace. moi, je déplie mon petit lit de camp et Mathias monte sa tente igloo, comme ça il sera à l'abri des insectes. Je dois mettre en place une moustiquaire au dessus de mon lit. C'est obligatoire car ici les moustiques ça manque pas et de plus le paludisme sévit. Les aprés-midi quand on rentre, la moustiquaire est couverte de centaines de moustiques qui dorment et qui attendent leur heure pour s'envoler. Nous achetons un seau qui nous servira de garde manger et que nous suspendrons parcequ'il y a aussi beaucoup de fourmis. Celles ci sont voraces, si vous écrasez un cafard, elles ont tout nettoyé en une heure. Il vaut donc mieux mettre les victuailles à l'abri. Nous trouvons un petit réchaud à essence, une casserole et de quoi faire notre petit déjeuner du matin dans les boutiques du coin. La plupart du temps nous mangeons des sandwichs et des en-cas dans des gargottes. Il y a de grands arbres dans la propriété et autour et cela nous protège bien du soleil.

 

Tous les matins nous quittons la case. Nous nous renseignons pour du travail : on apprend qu'il y a des journaux de petites annonces et aussi un organisme, la DTEFP, qui est l'équivalent de l'ANPE. Finalement, on ne trouve pas trop d'opprtunités par ces moyens, nous devons donc chercher directement auprés des entreprises du bâtiment. Personnellement, j'ai d'autres formations à mon actif et je cherche plus large mais aprés plusieurs tentatives, je commence à déchanter, pas moyen d'accrocher quelque chose de sérieux : je mets cela sur le compte de mon âge, à ce moment j'ai 43 ans. Mathias réussit à avoir un bon contact avec un architecte, il doit commencer dans une bonne semaine : lui a 26 ans au moment des faits.

Tous les jours ne sont pas faits pour rechercher du travail. Les fin d'aprés-midi, nous allons régulièrement au 5/5 un bar brasserie du centre ville. Nous jouons au baby foot, il y a un Bonzini, les amateurs comprendront. Là, nous rencontrons Farid et Bruno, une équipe adverse de Marseille. Farid connait Zidane, ils habitent dans le même quartier à Marseille. Zidane, je le connais tout juste car c'est le début de la coupe du monde 98. Au 5/5, faut pas être préssé pour être servi, les serveuses mahoraises n'ont pas trop l'habitude de travailler ni de marcher. On peut voir cela aussi sur le marché, c'est typique. Presque dans tous les stands, vous devez baisser les yeux pour voir les femmes allongées sur leurs articles attendant que vous les réveillez pour qu'elles vous servent. Cela fait sourire.

   

Aprés notre rencontre avec Farid et Bruno, ceux-ci viennent dormir dans notre case. On est un peu plus sérré mais ça fait plus d'ambiance. En soirée nous sortons souvent chez Ben, un petit gars qui a monté une sorte de pub sympa. Il a une bande de copains et copines qui lui donne la main. C'est plein presque tous les soirs et c'est sympa. Il organise aussi des spectacles au moins une fois par semaine. On peut aussi jouer aux échecs ou aux cartes tout en consommant. J'appréciais beaucoup.

Abri pic nique à Tropical Plage Mayotte

Un jour Farid réussit à emprunter la voiture d'une amie. On désire se rendre dans le sud de l'île et passer la journée sur la plage la plus réputée. Malheureusement, la voiture est en mauvais état, il faut faire quelques réparations avant de pouvoir partir et nous n'aurons pas le temps d'aller jusqu'au sud. Nous nous arrêtons à Musical Plage à mi-chemin. C'est une trés belle plage de sable sombre dans une belle baie de quelques kilomètres de long : beaucoup d'arbres donnent de l'ombre jusqu'au bord de l'eau. C'est là que vous pouvez admirer les énormes baobabs éléphants : quand je dis énormes, c'est qu'ils le sont, vous pourriez faire une maison à l'intérieur. L'eau du lagon est douce et chaude. Mathias a emmené son masque et ses palmes pour se ballader au-dessus des coraux. Un peu plus tard, j'essaye aussi mais l'eau étant à marée basse je me retrouve à quelques centimètres seulement au-dessus des coraux et j'ai toujours cette peur de voir sortir une murène ou un congre donc je préfère m'éloigner pour nager au-dessus du sable. J'avoue cependant que tous ces coraux, c'est vraiment magnifique à voir.

En général nous faisons les courses dans un magasin du centre ville. Le pain, on le trouve un peu partout. Nous faisons quelquefois la cuisine mais la plupart du temps nous prenons des sandwichs américains, des steack hachés avec des frites ou bien ça nous arrive d'aller dans les petits restos mahorais qui propose du riz poissons, riz poulet, soupe, bananes bouillies ou encore des brochettes dans la rue. Nous découvrons aussi les stands snack au nouveau marché qui vient de se monter au bord de la mer : ce n'est pas trés cher et des fois on vient dans ces petits snacks avec des tomates qu'on a acheté sur le marché et un tube de mayonnaise afin de mélanger aux brochettes. Les Mahorais n'ont pas l'air de bien apprécier la mayonnaise, ça nous fait rire quand on leur propose de goûter, ça permet en même temps de briser la glace et d'entamer la conversation.

Voyant qu'il me sera dur de trouver du travail, je regarde du côté des maisons à louer. Je pense à faire des chambres d'hôtes. Me voilà donc à la recherche du logement idéal. Pas évident, les prix sont trés élevés. La moindre maison avec 4 chambres se loue autour de 6000 F/mois, ça laisse peu de marge même dans le cas de louer à 100% ce qui n'arrive jamais sur une année complète. Aprés quelques jours, je dois abandonner cette idée. Dans le même temps, je vais visiter des maisons dans différents coins de l'île. Je regrette cependant de n'avoir pas pu aller partout.

Un samedi, tous les 4, nous décidons d'aller sur une plage de l'autre côté de la petite Terre. Je ne me rappelle pas le nom du coin. On emmène peu de choses à manger et à boire, pas suffisamment. Aprés une bonne marche de plusieurs kilomètres, nous touchons l'eau. On se baigne un moment. Il y a du monde. Notre point de destination n'est pas trés loin. Nous devons suivre la plage vers le sud mais nous sommes obligés de rentrer dans l'eau parfois presqu'entièrement pour accéder à la baie suivante, des falaises de plusieurs dizaines de mètres de haut nous empêchent de passer par la terre. Nous faisons attention à ne pas mouiller les sacs de victuailles.

Nous arrivons à un petit refuge de quelques mètres carrés. Je vois que le sable est bien sec donc je pense que la mer ne doit pas atteindre la falaise à cet endroit même à marée haute. Nous avons emporté une tente igloo avec nous. Elle est rapidement installée. Le seul problème, c'est de la maintenir en place et éviter que le vent ne la déplace. A ce moment la marée est basse et ça nous laisse suffisamment d'espace pour nous amuser.

Le soleil n'est pas encore couché et nous n'avons plus d'eau douce, nous avons tout bu. C'est vrai qu'avec le goût salé de la mer nous avons usé beaucoup d'eau, plus que normalement. Nous avons pris des pâtes chinoises pour faire le repas du soir. Vous savez, ce sont ces petits paquets tout préparés de marque "Apollo" ou autres. Je prépare les pâtes avec l'eau de mer. Personnellement, je me retiens de manger car j'ai la gorge sèche et j'ai peur que de manger trop salé n'aiguise ma soif. Mes trois compagnons mangent tout y compris ma part. Nous n'avons plus rien ni à boire, ni à manger.

La mer monte et j'ai eu du nez quand j'ai vu le coin de sable sec où nous avions mis la tente car tout le reste s'est retrouvé sous l'eau sauf la tente et il reste juste quelques centimètres pour que l'eau ne l'atteigne, ça se passera bien. Farid et bruno s'endorment. Mathias et moi restons encore à regarder le paysage à travers le clair de lune. La marée haute passe par-dessus la barrière de corail à cet endroit. C'est donc la haute mer que nous regardons. Nous n'arrivons pas à dormir. Mathias rentre dans l'eau. je fais comme lui. L'eau est tiède, c'est bon. On s'amuse un peu à sauter à chaque vague. Le sable sous nos pieds et trés agréable, pas de cailloux ni de bouts de corail. On reste là pendant prés d'une heure puis on décide d'essayer de dormir. On ne pensait pas trop aux requins mais la nuit il faut y faire attention.

Nous sommes réveillés de bonne heure par le soleil. On reste encore une heure sur place à s'abreuver de ces moments exceptionnels puis on profite de la marée basse pour sortir de la baie sans trop mouiller les affaires comme la veille aprés-midi. Le chemin du retour est un peu plus dur qu'à l'aller. Quelques kilomètres à pied avant de retrouver un taxi qui nous ramènera vers la barge.

Bruno doit rentrer en France. Son avion est prévu vers 12h30. On l'accompagne et on apprend que son avion est parti il y a un moment (???). En fait, il y a eu une erreur de l'agence. Finalement, il prendra un avion deux heures plus tard en passant par Nairobi.

Mon propre séjour se termine. J'ai pris un billet pour Madagascar, un aller-retour pour Nosy Be. C'est prévu que je revienne. Cependant, je sais que Mathias a prévu de quitter la case et je ne sais pas trop comment le recontacter à mon retour.

Le jour du départ est là. Mathias m'accompagne jusqu'à l'avion. On se fait les adieux. A ce moment là, je pense revenir mais ...

Quelques heures plus tard, nous approchons de Nosy Be. Je regarde par le hublot, nous survolons un lagon vert transparent et j'aperçois la piste comme un sillon creusé dans la forêt. Superbe arrivée et cliché style Amazonie. Une nouvelle aventure longue de plusieurs années commence.

A bientôt.


Thierry

 

 

 

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